Chargement...
Présidentielles 2017

L’apprentissage, une clé pour former autrement

L’apprentissage enrichit les modalités de formation à l’œuvre dans l’enseignement supérieur, et permet à celles et ceux plus enclins à réussir en action avant de réussir en pensée, d’apprendre et de réussir autrement. Les échecs et redoublements trop nombreux dans les études supérieures procèdent encore souvent de modalités pédagogiques inadaptées, autant que d’une insuffisance d’orientation active à l’entrée de l’enseignement supérieur.

En apprentissage, la réussite des jeunes tient autant de l’insertion professionnelle qui est facilitée par la formule proposée que par une pédagogie différenciée de qualité. Un effort doit être consenti pour promouvoir une véritable pédagogie de l’alternance permettant de croiser apports expérientiels et apports académiques, savoirs de l’action et sur l’action.

Par ailleurs, si l’apprentissage gagne progressivement en visibilité, grâce notamment à son développement dans l’enseignement supérieur, il souffre encore d’un déficit structurel d’image, et il s’agit de combattre des idées reçues. L’apprentissage reste trop souvent appréhendé comme une voie de formation dédiée aux jeunes en difficultés scolaires, centrée sur la préparation de métiers manuels. Il est par ailleurs trop souvent considéré comme un mode de formation moins valorisant qui s’adresserait à des jeunes qui souhaitent entrer tôt dans la vie active et arrêter rapidement leurs études.

Le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur contribue à améliorer l’image de l’apprentissage. Beaucoup reste cependant à faire. Les enquêtes de perception montrent par exemple que moins d’une entreprise sur deux savent que l’on peut obtenir un diplôme de grande école par la voie de l’apprentissage et 2/3 pensent toujours que l’on ne peut pas obtenir le statut de cadre supérieur après un cursus en apprentissage.

Les familles sont globalement les moins informées sur les diplômes en apprentissage. Leur connaissance se dégrade fortement pour les diplômes post-bac. Les étudiants prennent alors le relai de leurs parents, car leur connaissance est meilleure pour les formations longues.

Il y a encore aujourd’hui une méconnaissance ou une image fausse de l’apprentissage. Dans le supérieur, cela a pour conséquence de restreindre le champ des parcours de formation identifiés et à contribuer à le réserver aux jeunes les mieux informés.

Il s’agit de renverser le déficit structurel d’image dont souffre l’apprentissage en systématisant des actions de sensibilisation et de formation à destination des jeunes, de leurs familles et des prescripteurs de parcours de formation.

A ce titre, compte tenu de la responsabilité pédagogique et au regard de la diversité et de l’évolution des publics, il est fondamental de soutenir les initiatives des CFA placés à l’interface des acteurs de la formation (école-entreprise). De par leur fonctionnement et leur gouvernance, les CFA du supérieur favorisent le lien entre les équipes des établissements de l’enseignement supérieur et l’organisation de la formation en alternance pour une pédagogie innovante.

  • Soutenir la dynamique de diffusion de l’apprentissage et renverser le déficit structurel d’image dont souffre l’apprentissage dans notre pays en systématisant des actions de sensibilisation et de formation à destination des prescripteurs de parcours de formation.
  • Systématiser dans les parcours de formation initiale ou continue des enseignants des modules de connaissance de l’alternance et de la pédagogie de l’alternance, en particulier dans les ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education).
  • Informer et former l’ensemble des acteurs de l’orientation aux caractéristiques de l’apprentissage, et ses bénéfices pour les jeunes. S’assurer en particulier que les structures d’information et d’orientation, notamment le Service Public Régional d’Orientation (SPRO), diffusent bien les possibilités de formation dans le cadre de l’apprentissage.
  • Valoriser les carrières des personnels (enseignants-chercheurs, ingénieur d’études, …) engagés dans le développement de formations par apprentissage. Evaluer de façon équilibrée la mission d’enseignement et la mission de recherche dans les universités. Permettre des aménagements dans la carrière des enseignants-chercheurs avec des périodes dominées par la recherche ou par l’enseignement.
  • Reconnaître le rôle du maître d’apprentissage (formation pédagogique, aménagement de la charge de travail, valorisation financière).
  • Favoriser les expérimentations faites à l’initiative des CFA et des équipes pédagogiques (type Initiatives d’Excellence), en soutenant par exemple des projets de pédagogie innovante et différenciée, en présentiel et à distance, dans les formations par apprentissage.
  • Favoriser la création et le développement de recherches sur la pédagogie de l’apprentissage notamment par la mise en œuvre d’une démarche de recherche collaborative et financer les modalités pour sa diffusion.
  • Communiquer auprès des jeunes et des employeurs les bénéfices d’un parcours de formation en apprentissage. Promouvoir l’apprentissage autrement, par une communication centrée sur des parcours variés de réussite, en cassant l’association trop systématique dans les campagnes de communication entre apprentissage et préparation de métiers traditionnels.
Laisser un commentaire